La Marque

J'ai grandi dans le bleu de chine de mon père.
Il pendait dans son placard, la toile durcie par le travail. Je le mettais même s'il était trop grand pour moi. Je l'ai toujours porté toute ma vie. Ce bleu de chine est comme une armure pour moi, il ne me quitte jamais.
La toile me protégeait, et elle disait d'où je venais. J'étais fière du travail de mon père, de ses valeurs, de son attachement à sa terre, et le porter revenait à marquer ma différence. Le monde n'allait pas dans le même sens que moi. J'étais la Corse dans toute sa splendeur.
C'est exactement ce que cette veste donne aujourd'hui à ceux qui la portent : une armure pour affronter le monde. Elle dit d'où l'on vient avant même qu'on ait parlé. Où qu'on la croise, on reconnaît un Corse, fier de représenter son île et de la faire briller. Il n'y a qu'un vrai Corse pour porter cette veste.
Bien des marques naissent d'un projet. Sgiò, la marque corse, est née d'une fierté : celle de porter la veste de travail des corses.
Deux mondes, une même corse.
Ma mère vient d'une famille bourgeoise corse. Mon père est agriculteur et berger. Tout commence là.
D'un côté la tenue, la courtoisie, l'art de se présenter aux autres avec égard. De l'autre les bêtes, les journées qui commencent avant l'aube, une discrétion à toute épreuve.

Je suis mi-paysanne, mi-citadine, et j'ai cessé depuis longtemps de choisir. Je porte en moi le paradoxe corse : insoumise et généreuse, sauvage et douce, à la fois noble et paysanne. C'est notre culture Corse que je veux porter.
Nous étions une famille nombreuse : un frère aîné, trois sœurs plus jeunes que moi. Mes parents n'étaient pas fortunés. Ils m'ont appris la valeur du travail, le plus précieux des héritages.
Je suis fière de mon histoire corse, de mon insularité, de mes valeurs. Je les partage tout particulièrement avec mon frère, mon protecteur, le pilier de ma vie.
Ma vie en corse
J'ai été élevée par mes grands-parents et mon arrière-grand-père, sur la route d'Orezza. Chaque week-end, nous montions à Piazzole, mon village, retrouver mes cousins. J'ai grandis en parlant le corse, je me suis nourris de nos traditions.
L'école en Plaine Orientale, le lycée à Bastia et les études à Corte. Trois lieux, une même île, et des rencontres tellement différentes, avec le même constat : nous vivons différemment, pourtant nous sommes tous des enfants attachés à notre terre.
Mon oncle est l'abbé Xavier Emanuelli. Chez nous, la foi se vit chaque jour : une croix à l'entrée du village, un cierge allumé en passant, le signe de croix, la prière. Ces gestes se reçoivent d'un ancien, jamais d'un livre.
Un hymne à l'amour
Cette marque est une déclaration.
Elle s'adresse à tous les hommes que j'ai croisés et qui ont été bienveillants avec moi. À ceux qui m'ont aidée, à ceux qui m'aident encore, à ceux qui n'ont jamais rien demandé en retour. À mon père, à mon frère, et à tous ceux dont j'ai admiré la bonté avant d'admirer l'homme.
Les vrais Sgiò, ce sont eux. Ils détiennent des valeurs que ni l'argent ni le pouvoir ne sauraient acheter : l'honneur, la parole tenue, l'humilité, la générosité sans calcul.
Leur noblesse se lit dans une poignée de main, dans un regard franc, dans une manière de rester debout quand tout vacille. Chaque pièce que je dessine leur est dédiée, et porte le titre qu'ils ont mérité. La force tranquille de l'homme Corse.

Un titre qui se mérite
Sgiò se prononce jò. Le mot signifie Monsieur, et désignait autrefois les propriétaires terriens et les notables de l'île. Aujourd'hui je réécris l'histoire avec vous !
La noblesse que je veux faire briller, c'est la noblesse de cœur.
Je m'inspire beaucoup de l'histoire des Corses partis en Amérique. Ils ont quitté l'île sans rien, ils ont travaillé sans relâche, et ils sont devenus quelqu'un.
J'ai réussi à me faire une place dans le monde impitoyable de la mode grâce à mon travail, à mon acharnement, je garde mon cap, celui de partager et de préserver nos valeurs. Le respect est pour moi la valeur fondamentale de la Corse.
Être Sgiò, cela se mérite. Tout le monde peut le devenir, qu'on soit simple berger ou ouvrier.
L'élite que je célèbre, ce sont les Corses qui gardent leurs valeurs vivantes, même quand le monde les oublie.
Le bleu de travail
Tout a commencé avec le bleu de chine denim, le tout premier de la maison.
La veste dormait alors dans toutes les armoires de Corse. On la trouvait empilée sur les marchés, et seuls les paysans l'achetaient : les anciens, les hommes qui travaillaient dehors, ceux qui demandaient à une toile de tenir, et rien de plus. Un vêtement de nécessité, taillé large pour aller à tout le monde, dont la teinture déteignait.
J'ai posé mon nom sur cette veste. J'ai redessiné sa coupe et choisi des matières dignes de ceux qui la portaient. Le bleu de chine coton kaki est venu ensuite, et le bleu de chine corse est devenu la pièce phare de la maison.

Une petite île, de grandes choses
Chaque époque a eu ses Corses d'exception. Pasquale Paoli, Danielle Casanova : des êtres qui ont fait la différence par leur charisme, leur courage, leur audace. Le plus illustre d'entre eux a connu la moquerie avant la gloire.
À neuf ans, Napoléon quitte la Corse. À l'école militaire de Brienne, ses camarades se moquent de son accent et déforment son prénom pour en rire. Vingt-cinq ans plus tard, il devient empereur des Français.
À nos débuts, on s'est moqué de nous. Rendre ses lettres de noblesse à la veste des paysans : on m'a prise pour une folle. Dix ans plus tard, tout le monde s'en inspire, et l'on me copie.
J'ai gardé mon cap, et il tient en un mot : la qualité. Comme Napoléon, je viens d'une petite île. Comme lui, je compte faire de grandes choses.
Ce qu'il y a sous la visière
Nos casquettes gardent un secret que l'on découvre en les retournant.
Sous la visière, une photographie : mon oncle et des gens de mon village, saisis en plein chant. Elle voyage contre le front de celui qui la porte, invisible pour tous les autres.
Toute la maison tient dans ce détail : l'essentiel se porte à l'intérieur.

Ceux qui nous ont fait confiance
En 2020, pour la première fois de l'histoire du football insulaire, le Sporting Club de Bastia s'associait à une marque de prêt-à-porter : la nôtre. L'AC Ajaccio, alors en Ligue 1, a suivi en 2023.

En 2021, le Domaine de Murtoli : une collection née d'un croisement de valeurs.

Puis les établissements Corses du continent. U Mulinu, dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, fut le tout premier établissement à nous faire confiance, avant même que les collections arrivent en boutique. L'Élysée Saint Honoré, dans le 8ᵉ, où les Corses se sentent chez eux. Pierre Geronimi, maître artisan glacier, qui a choisi de graver son logo sur nos bleus de chine pour ses boutiques de Monaco, Grenoble et Paris. A Cantina, qui habille ses équipes à Lyon, Bordeaux et Strasbourg.
Aujourd'hui, j'habille les établissements les plus prestigieux et les personnalités les plus influentes de l'île. On nous voit à la télévision, dans Plaine Orientale, comme au cinéma.
Je brille, et je fais briller la Corse.

Notre tshirt sur l'affice du film
Ce que la marque corse doit à son île
Nos collections sont dessinées en Corse. Elles sont fabriquées dans des usines choisies pour leur qualité, en France, en Europe et en Asie. Nous avons aussi notre petit atelier sur l'île, et chaque année nous cherchons à y faire davantage, entourés du plus grand nombre de Corses possible.
Nos deux boutiques officielles sont en centre-ville, à Bastia, 4 rue Miot, et à Ajaccio, 47 rue Cardinal Fesch.
Ce choix est un engagement pour l'économie corse :
la marque corse fait vivre le centre ville.
Nos boutiques vous accueillent du mardi au samedi, de 10h30 à 13h30 et de 14h à 18h.
Mes anciens m'ont confié une grande mission : transmettre notre culture, notre langue, nos traditions. La Corse s'apprend en la vivant. Elle se porte aussi, comme on porte le nom des siens.
Esse corsu per sempre.
Elodie